Chapître 8 Concernant les formules de conjuration (ar-ruqâ) et les amulettes (at-tamâ-im)
Dans le recueil de aHadîth authentiques, Abû Bashîr Al-Ansârî - رضي الله عنه - rapporte qu'il était aux côtés du Prophète - صلى الله عليه و سلم - durant un de
ses voyages, lorsque ce dernier envoya une personne ordonner aux gens de couper tous les colliers ou les boyaux accrochés au cou des chameaux.
Ibn Mas'ûd - رضي الله عنه - a dit :« J'ai entendu le Prophète - صلى الله عليه و سلم - dire :« Les
formules de conjuration (Ar-Ruqâ), les amulettes (at-tamâ-im) et At-Tiwalah sont une forme de polythéisme ». »
[Rapporté par Ahmad et Abû Dâwud.]
Abdullah ibn ‘Ukaym rapporte ces paroles qu'il attribue au Prophète - صلى الله عليه و سلم - :« Quiconque s'attache [à] une chose, y sera voué
[et sera délaissé par Allah]. »
[Rapporté par Ahmad et At-Tirmidhî.]
Les amulettes (at-tamâ-im) : choses que l’on accroche au [cou des] enfants pour les protéger du mauvais œil. Cependant, si l'élément accroché n'est autre que du
Qur'ân, alors certains Prédécesseurs (Salaf) l'ont toléré ; d'autres ne l'ont pas toléré, et l'ont classé parmi les interdits, comme par exemple Abdullâh ibn Mas'ûd - رضي الله عنه -.
Les formules de conjuration (Ar-Ruqâ) : il s'agit de ce que l'on appelle Al-Azâ'im. Cependant, les textes font exception de celles d'entre elles qui ne comportent pas de polythéisme, car le
Prophète - صلى الله عليه و سلم - a toléré celles qui protégeaient du mauvais œil et du venin.
At-Tiwalah : il s'agit d'une chose que les gens fabriquent, en prétendant qu'elle suscite l'amour du mari pour son épouse et réciproquement.
Ahmad rapporte que Ruwayfi’ a dit :« Le Prophète - صلى الله عليه و سلم - m'a dit : « Ô Ruwayfi, peut-être vivras-tu assez longtemps pour informer les gens que celui, d'entre eux qui tresse sa barbe, ou accroche une corde en boyau [contre le mauvais
oeil], ou se nettoie [après un besoin] à l'aide d'un crottin d'animal ou d'un os, qu'il sache que Muhammad le désavoue. » »
Sa’îd Ibn Jubayr a dit : « Celui qui arrache l'amulette (Tamîmah) [du cou] d'une personne, c'est comme s'il avait libéré un esclave.
»
[Rapporté par Wakî.]
Wakî rapporte aussi d'après Ibrâhîm : « Ils considéraient comme détestable les amulettes (At-Tamâ'im), qu'elles contiennent du Qur'ân ou autre
chose. »
1 Les Groupes, v.38.
2 Rapporté Par Ahmad dans Al-Musnad (4/445).
3 Rapporté par Al-Hâkim dans Al-Mustadrak (4/216 et 217)
4 Rapporté par Ahmad dans Al-Musnad (4/156)
Thèmes du chapitre à retenir.
1.L'explication des Ruqâ et des Tamâ'im.
2.L'explication de la Tiwalah.
3.Ces trois choses [citées ci-dessus], sans aucune exception, font partie du polythéisme.
4.Les formules de conjuration (Ar-Ruqâ) consistant à prononcer des paroles de vérité contre le mauvais œil et le venin ne font pas partie du
polythéisme.
5.Les savants ont divergé concernant le statut d’une amulette uniquement composée de Qur’ân, fait-elle partie du polythéisme ou pas
?
6.Accrocher des cordes en boyau au cou des montures contre le mauvais œil fait aussi partie du polytheisme.
7.La dure menace pesant sur quiconque accroche une corde en boyau [contre le mauvais œil].
8.La récompense méritoire de celui qui arrache une amulette du cou d’une personne.
9.Les propos d’Ibrahîm ne s’opposent pas à la divergence précitée [concernant le statut des amulettes composées de Qur’ân], car ils désignent
les élèves de ‘Abdullah ibn Mas’ûd.
Source : Le livre de l'Unicité [Kitâbu t-Tawhîd] L'Imâm Muhammad ibn 'Abd l-Wahhab