
Le mariage avec l’intention de divorcer
Q : Une personne veut se rendre à l’étranger dans le cadre d’une mission officielle. Là-bas, il voudrait se
marier pour une certaine période afin de préserver sa chasteté, et ensuite répudier cette femme sans l’informer de son intention de le faire. Quel est l’avis de l’islam sur cet acte ?
R : Le mariage avec l’intention de divorcer entre forcément dans l’un des deux cas suivants :
. Soit lors de l’établissement de l’acte de mariage, le prétendant pose comme condition qu’il veut épouser cette femme pour un mois, un an ou jusqu’à
la fin de ses études. Ceci est un mariage temporaire (Mut’a) et c’est interdit par l’islam.
. Soit il a l’intention de faire un mariage temporaire (Mut’a) sans l’exprimer explicitement.
Dans ce cas, les juristes hanbalites considèrent que ce mariage est illicite, et que l’acte de mariage est nul. Ils pensent en effet que l’intention implicite est semblable à la condition formulée
explicitement, car le Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, a dit :
« Certes, les actes ne valent que par les intentions, et chaque personne sera rétribuée selon son intention. »
Rapporté par Al-Bukhârî dans le chapitre du début de la révélation (n°1), et par Muslim dans le chapitre
du gouvernement
D’ailleurs, si un homme épouse une femme qui a été répudiée à trois reprises par son mari, juste dans l’intention de divorcer avec elle et de la rendre licite à son premier mari, alors ce
mariage n’est pas valable, même s’il a lieu sans avoir formulé de condition explicite. L’intention est semblable à la condition expressément formulée. Si l’intention de rendre licite à son premier
mari une femme répudiée à trois reprises par celui-ci annule l’acte de mariage, alors il en est de même pour l’intention de faire un mariage temporaire. Ceci est l’avis des hanbalites.
Le deuxième avis des savants concernant cette affaire est qu’il est permis à un homme d’épouser une femme dans l’intention de la répudier lorsqu’il quitte le pays, car celui-ci n’a pas exprimé son
vœu comme condition lors de l’établissement de l’acte de mariage. Ce pourrait être par exemple le cas des étudiants qui vont à l’étranger pour poursuivre leurs études. La différence entre ce
mariage et le mariage temporaire (Mut’a) est que dans le cas de ce dernier les époux doivent se séparer, que le mari le veuille ou non, lorsque le délai sur lequel les deux parties se sont mises
d’accord arrive à échéance. Par contre, dans ce mariage avec l’intention de divorcer, il se peut que le mari aime cette femme et par conséquent reste avec elle. Cet avis est l’un des deux avis de
cheikh ul-Islâm Ibn Taymiyya.
Je pense, quant à moi, que ce genre de mariage n’est pas un mariage temporaire (Mut’a) car il ne rentre pas dans la définition de celui-ci, mais je pense néanmoins qu’il est illicite, car l’homme
trompe la femme et sa famille [en cachant son intention], or le Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, a interdit la tricherie et l’escroquerie. D’ailleurs, si l’épouse avait su que cet homme
ne voulait se marier avec elle que pour cette période, elle ne l’aurait jamais accepté, et sa famille non plus.
Cet homme n’accepterait pas de marier sa fille avec un homme qui aurait l’intention de la répudier une fois qu’il a eu d’elle ce qu’il voulait, alors comment peut-il faire avec autrui ce qu’il ne
veut pas qu’on fasse avec lui ? Ceci est contraire à la foi parfaite, car le Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, a dit :
« Aucun d’entre vous n’est [vraiment] croyant jusqu’à ce qu’il aime pour son frère ce qu’il aime pour lui-même. »
Rapporté par Al-Bukhârî dans le chapitre de la foi (n°13), et par Muslim dans le chapitre de la foi
(n°45).
J’ai appris par ailleurs, que certaines personnes utilisent l’avis permettant ce genre de mariage comme prétexte pour faire une chose qui n’est permise par personne, à savoir qu’ils ne vont dans
les pays étrangers que pour se marier. Ils voyagent dans un pays, se marient avec une femme avec l’intention de faire un mariage temporaire, puis reviennent dans leur pays. Ceci est un grand
interdit. Il vaut mieux fermer la porte à ce genre d’agissements en raison de ce qu’ils contiennent comme tricherie, tromperie ou abus. Il peut aussi conduire à d’immenses méfaits comme celui
auquel nous avons fait allusion dans ce paragraphe, car les gens sont ignorants, et nombreux sont ceux qui n’hésitent pas à transgresser les limites d’Allah pour assouvir leurs passions.
· Fatwa de Cheikh Otheimine
· Fatwas concernant les femmes, pages 48 et 49.
Si les parents refusent d’un commun accord une prétendante
Q : Je suis un jeune homme qui désire se marier. J’ai demandé sa main à une fille qui n’est pas de notre famille.
Quand j’en ai informé mon père et ma mère, ils ont refusé catégoriquement ce mariage, bien que je voulais absolument me marier avec cette fille. Dès lors, ma mère m’a déclaré : « Si tu te maries
avec elle, je ne te pardonnerais jamais ni sur terre, ni dans l’autre monde, et ne viens plus jamais nous voir ! » Tous mes frères ainsi que mon père ont eu la même réaction ; je ne sais absolument
pas pourquoi ils ont refusé ce mariage. Je ne vois aucune raison du côté de la fille m’obligeant à y renoncer, d’autant plus que j’y tiens absolument.
Par conséquent, suis-je en tord, si je persiste dans mes démarches de mariage, cela est-il considéré comme un acte de désobéissance aux parents et comme un manque de respect ? Que dois-je faire ?
Dois-je continuer mes démarches ou carrément tout arrêter ?
R : Si tous les membres de ta famille sont d’un commun accord pour refuser ce mariage avec cette fille, en sachant que tu
ne peux trouver meilleurs conseillers, et qu’ils éprouvent le plus de bienveillance à ton égard, tu dois te soumettre à leur volonté. S’ils n’étaient pas convaincus qu’une chose n’allait pas, ils
ne t’auraient jamais empêché de te marier. Surtout de la part des parents dont la bienveillance connue envers leurs enfants ne peut échapper à personne. Surtout si l’on sait également qu’ils t’ont
conseillé et mis en garde contre ce mariage en particulier. Des femmes, il y en a d’autres ! Si tu délaisses quelque chose pour Allah, Il te donnera en échange une chose bien meilleure. Par
conséquent, suis les conseils de ta famille et soumets-toi à leur exigence.
Allah a révélé :
« Pourtant il se peut que vous détestiez une chose et qu'elle vous soit un bien comme il se peut que vous aimiez une chose et qu'elle vous soit un mal ; Allah
sait ce que vous ne savez pas ».
(Sourate El-Baquara verset 216)
Fatwa de cheik Fawzen tirée de son recueil de fatwas
Tome 3 fatwa n°355
Est-il permis de forcer sa fille au mariage avec un homme sans son consentement ?
Q : Est-il permis de forcer la fille à se marier avec un homme qu’elle refuse d’épouser ?
R : Son père ne doit pas la forcer à se marier ni d’ailleurs sa mère, même dans la situation où ils sont satisfaits du
prétendant.
Fatwa du cheikh ‘Abd e-Rahmân e-Sa’di
La permission au père de parler avec ses enfants sur le choix de l’époux
Q : Est-il permis au père de famille de parler ouvertement avec son fils ou sa fille dans le choix de l’époux ou
de l’épouse ?
R : Oui, il est permis au père de parler avec son fils dans le choix de l’épouse et avec sa fille dans le choix de l’époux.
Et qu’ils se consultent mutuellement car, il y a dans la consultation un intérêt.
Et c’est d'Allah que vient le succès, que la prière d’Allah soit sur notre prophète Mohamed, sa famille et ses compagnons ainsi que le salut
Fatwa du comité permanent :
Membres : Abdallah ibn qouh´oud , Abdallah ibn ghadayen
Vice-président : Abdrazeq hafifi
Président : Abdelaziz ibn Abdallah Ben Baz
Page 60, tome 18, fatwa numéro : 9174
source : fatawaislam.com
Par Al-Haqq
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Publié dans : Mariage